Vous n’êtes pas seul(e)
Une fausse couche, une interruption de grossesse, la mort d’un bébé in utero ou peu après la naissance : ces pertes sont fréquentes, et pourtant elles restent souvent silencieuses. L’entourage ne sait pas toujours quoi dire. Certaines phrases, même bien intentionnées, font mal : « vous en aurez d’autres », « c’était tôt », « il faut passer à autre chose ».
Votre peine n’a pas besoin d’être mesurée au nombre de semaines de grossesse. Dès qu’un enfant a commencé à exister dans votre esprit, dans vos projets ou dans votre corps, sa perte peut laisser un vide réel. Ce que vous ressentez est légitime, même si personne autour de vous ne l’a vu. On entend souvent qu’il faudrait « surmonter » une fausse couche ; je préfère parler de la traverser, à votre façon.
Le partenaire est souvent oublié. On lui demande comment va la mère, rarement comment il ou elle va. Il peut se sentir tenu de rester solide, de gérer l’organisation et de mettre son chagrin de côté. Les deux parents vivent une perte, parfois de façon très différente, et chacun mérite une place pour la déposer : le partenaire peut aussi prendre son propre rendez-vous.
- tristesse, colère, culpabilité ou sentiment d’injustice, parfois tout à la fois
- impression que le corps a « échoué », ou difficulté à le retrouver
- peine à croiser des femmes enceintes, des naissances, des dates symboliques
- décalage avec le partenaire, qui ne vit pas la perte au même rythme
- crainte, ou désir mêlé d’appréhension, face à une nouvelle grossesse